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Article 1

En quoi l’action humanitaire nous concerne-t-elle tous, ici et maintenant, dans notre vie de tous les jours ?

La première fois que la question nous a été posée, sa complexité ne nous avait pas traversé l’esprit. Mais, lorsque nous nous sommes retrouvé.es face à nos ordinateurs devant les mots « action humanitaire » et « ici et maintenant », nous avons saisi le paradoxe de la question que Pascal nous posait. Pour nous, individus d’Europe occidentale, le terme « humanitaire » nous renvoie encore à quelque chose de lointain. Quand bien même nous avions rencontré ce terme à plusieurs reprises dans les médias ou lors de nos cours, nous nous sommes retrouvé.es à chercher le sens de ces mots. « Celle qui vise, pacifiquement et sans discrimination, à préserver la vie dans le respect de la dignité, à restaurer l’Homme dans ses capacités de choix. » C’est ainsi que Médecins sans frontières définit l’action humanitaire. Puis, sans succès, nous pensions trouver des exemples de son application dans la vie quotidienne. Alors, nous avons cherché des réponses à l’intérieur de nous dans nos expériences passées.

Ainsi, nous nous sommes interrogé.es sur notre expérience de la pandémie du coronavirus qui fait maintenant partie de nos discussions quotidiennes. En effet, nous avons découvert que nous n’étions pas à l’abri de grandes crises qui, dans notre imaginaire, ne frappent que des contrées lointaines. Sans comparaison avec des régions en guerre ou en proie à d’autres crises humanitaires auxquelles s’ajoute celle du COVID-19, nous avons constaté que des personnes autour de nous pouvaient avoir besoin d’aide urgente et que les soignants ne sont pas les seuls à pouvoir apporter de l’aide. Il nous a semblé que pour faire preuve d’humanité, il faut simplement faire preuve d’empathie, de curiosité et de se sentir concerné.e. En cette période difficile, qui touche tout le monde, nous comprenons enfin que ça n’arrive pas qu’ailleurs. Nous avons pris l’habitude de demander des nouvelles de nos proches et des personnes moins proches aussi. Nous envoyons des lettres à des personnes qui ne sont pas si loin. Nous apportons des plats affectueusement cuisinés à un.e voisin.e. Nous faisons les courses à des voisins ou des proches plus âgé.es. Nous aidons nos parents ou nos grands-parents à se connecter sur Zoom ou sur Skype.

La pandémie n’est toujours pas passée mais nous voyons plus clairement les futurs défis qui nous attendent et les liens qui existent entre nous tous. Le vieillissement de la population, l’illectronisme, la santé mentale ou encore l’écologie sont des enjeux qui nécessiteront inévitablement les ressources personnelles de chacun. Aujourd’hui, nous sommes conscient.es que les petites actions peuvent avoir de grandes portées et qu’il vaut mieux être solidaire que se tourner le dos. Nous avons compris qu’une même situation n’affecte pas tout le monde de la même manière. Nous avons compris qu’il fallait apprendre à regarder autour de soi, ici et maintenant dans la réalité, pas seulement autour de soi ailleurs dans les médias. L’action humanitaire nous concerne tous, ici et tous les jours, car on doit continuer à se sentir concerné.es pour pouvoir développer un réseau de solidarité qui prend forme à grande échelle. Selon Jean-Luc Blondel, ancien délégué du CICR, l’humanitaire consiste en un « souci de mettre le bien de l’Homme, la préservation de sa dignité au cœur de toute action, et ce, à l’endroit de tout Homme ».

En quoi l’action humanitaire nous concerne-t-elle tous, ici et maintenant, dans notre vie de tous les jours ? Répondre à cette question fut plus difficile que prévu. Elle éveille bien plus de questions que de réponses. À quel instant une problématique se transforme en crise humanitaire et quand nécessite-t-elle une aide humanitaire ?  Quelles sont les frontières entre les actions sociales et les actions humanitaires ? Finalement, nous rejoignons l’idée que l’humanitaire n’appartient pas exclusivement au champ de l’ailleurs, mais de l’ici aussi. Qu’il ne s’agit pas uniquement de venir en aide et être présent.e pour des personnes en détresse à l’autre bout du monde, mais qu’il s’agit déjà d’une bienveillance en tout temps et à l’égard de tous, y compris de nous-mêmes. La pandémie du coronavirus nous permettra peut-être plus que jamais d’élargir une solidarité qui, parfois fragile, peut se muer entre nos mains en des élans de coopération sans précédent, nous rappelant que c’est à nous qu’incombe la responsabilité d’insuffler du sens au mot humanité afin que cette dernière perdure au delà même de nos communautés.

Pour le comité : Anaïs, Claudio, Juliane, Laetitia et Selin

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