Presse Un monde à guérir aux Rencontres de la photographie d'Arles

Actuellement | Hors les murs

Du 4 juillet au 25 septembre 2022,

Rencontres de la Photographie d’Arles, Palais de l’Archevêché

160 ans de photographie à travers les collections de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Après avoir été présentée au Musée de novembre 2021 à avril 2022, l’exposition « Un monde à guérir » est à visiter aux Rencontres de la Photographie d’Arles pendant tout l’été.

Omniprésente dans l’actualité, l’image humanitaire est entrée dans notre quotidien il y a plus d’un siècle. Elle nous paraît souvent immédiate et univoque. La photographie cadre une scène et en offre une interprétation. Nous croyons tout comprendre d’un évènement sans même penser au hors-champ. Or la réalité du terrain est toujours plus complexe que sa représentation, qui est forcément fragmentaire.

L’exposition est coproduite en partenariat avec les Rencontres de la photographie d’Arles, Elle est tirée des collections du Comité international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (CICR), du Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (MICR) et de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

Présentation de l’exposition temporaire Un monde à guérir par Nathalie Herschdorfer, commissaire de l’exposition. A découvrir sur Youtube ( Transcription FR| EN)

Présentation de l’exposition temporaire Un monde à guérir par Pascal Hufschmid, Directeur du musée et directeur du projet. A découvrir sur Youtube (Transcription FR | EN)

 

PRÉSENTATION DES PRÉMICES de l’exposition AUX RENCONTRES D’ARLES 2021

Vidéo en français


Communiqué de presse

FR Communiqué de presse : Word | PDF

EN Press release: Word| PDF

DE Medienmitteilung: Word | PDF


COMMISSARIAT

Nathalie Herschdorfer (1972, Suisse) est commissaire d’exposition et historienne de la photographie. Elle dirige le Musée des beaux-arts du Locle en Suisse (mbal.ch) où elle a exposé de nombreux photographes, notamment Henri Cartier-Bresson, Noémie Goudal, Todd Hido, Alex Prager, Viviane Sassen et Hiroshi Sugimoto. Elle enseigne la photographie et est l’autrice de plusieurs ouvrages, parmi lesquels CORPS PhotographieMountains by Magnum PhotographersLe dictionnaire de la photographie, Jours d’après : Quand les photographes reviennent sur les lieux du drame et Papier glacé : un siècle de photographie de mode chez Condé Nast – une exposition produite par FEP (fep-photo.org) et qui a circulé dans 15 pays.


Comité scientifique

Pour la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Grant Mitchell et Sarah-Joy Maddeaux

Pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Daniel Palmieri, Brigitte Troyon Borgeaud, Damian Gonzalez Dominguez, Marina Meier et Sabine Haberler Kreis

Davide Rodogno, Institut de hautes études internationales et du développement, Genève

Valérie Gorin, Centre d’études humanitaires, Genève


Scénographie

Kläfiger muséographie est un atelier de création d’expositions et d’environnements de médiation. Spécialiste dans l’élaboration visuelle tridimensionnelle et les interactions dans l’espace, l’atelier se focalise sur la concrétisation d’idées et de faire entrer en lien avec les publics.


Identité visuelle

Notter+Vigne est un atelier de graphisme spécialisé dans les domaines de la promotion culturelle, de l’édition et de la communication institutionnelle. Fondé par Julien Notter et Sébastien Vigne et basé à Lausanne.


L’EXPOSITION EN CHIFFRES

  • plus de 600 photographies
  • 200 photographes 
  • 4 collections
  • 13 agences
  • 18 sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Parcours de l’exposition

Introduction

Depuis 160 ans, l’action humanitaire est accompagnée d’images. Dès la création du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en 1863, la photographie, une invention alors récente (1839), sert à montrer la réalité du terrain et la vérité des drames qui s’y jouent.

Un monde à guérir lève le voile sur les vastes collections photographiques du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Elles réunissent des images publiques, conçues pour communiquer l’urgence, et des images confidentielles, destinées aux usages internes.

Les photographes célèbres, notamment de l’agence Magnum, y côtoient de nombreux∙ses auteur∙rice∙s anonymes. Leurs photographies sont pensées pour attirer l’attention et mobiliser nos émotions en révélant le martyre d’innocent∙e∙s : réfugié∙e∙s, prisonnier∙ère∙s de guerre, populations en détresse…

En parcourant un patrimoine photographique exceptionnel, Un monde à guérir nous interroge sur notre manière de regarder l’image humanitaire, d’hier et d’aujourd’hui.


Mobiliser

Inventée en 1839, la photographie est un outil très rapidement associé à l’action humanitaire. De fait, la Croix-Rouge produit et conserve des photographies depuis sa création en 1863.

Il y a 150 ans, il fallait avoir de solides connaissances en optique et en chimie et ne pas craindre de transporter un lourd équipement photographique alors difficile à manier. À la fin du XIXe siècle, elle devient reproductible, moins coûteuse et s’impose comme un puissant outil de communication. Ces évolutions auront un impact direct sur la Croix-Rouge dans sa capacité à lever des fonds en faveur de ses actions et à mobiliser.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, une communication visuelle autour de l’Afrique subsaharienne se développe largement, se résumant à une image de souffrance du corps noir. Les collaborateur∙rice∙s de la Croix-Rouge se mobilisent pour prodiguer une aide médicale d’urgence et fournir protection aux personnes en détresse. L’image se concentre d’abord sur la figure des humanitaires puis déplace le regard sur les victimes avec une iconographie de la souffrance qui s’adresse à l’Occident blanc, lequel observe les personnes en détresse comme un tout homogène.

Pour la Croix-Rouge, la photographie sert donc surtout à mobiliser.


Montrer

La photographie humanitaire, plus qu’elle ne montre des lieux, se concentre sur les acteur∙rice∙s d’un récit. Il y a, d’un côté, les bienfaiteur∙rice∙s, – les héros et héroïnes –, et de l’autre, les victimes – des personnes innocentes qui se battent contre les catastrophes ou la souffrance infligée par la guerre.

Les récits humanitaires se racontent à travers ces protagonistes récurrent∙e∙s et bien défini∙e∙s : le médecin ou le délégué, généralement un homme blanc, est accompagné de l’infirmière, toujours réconfortante.

Les figures héroïques sont face à une masse de visages anonymes, des personnes groupées dans l’attente de recevoir des soins, de la protection et des vivres. Les victimes sont en transit. Les images montrent une aide humanitaire qui œuvre partout dans le monde et qui se veut rassurante.

La photographie est là pour sensibiliser, alerter et montrer.


Témoigner

Alors que la photographie humanitaire se concentre sur la figure du héros et de la victime, un∙e troisième protagoniste est présent∙e : le∙la photographe. En dirigeant son objectif sur les interventions humanitaires, il∙elle documente le cœur de l’action et informe sur les réalités du terrain.

En plus d’offrir une documentation, il s’agit de montrer les gestes et les actions qui sauvent. Ces images génèrent chez le public des sentiments de compassion. Comment rester impassible face aux crises dans lesquelles se trouvent les victimes ?

À partir des années 1960, le CICR fait appel à des photographes professionnel∙le∙s, au détriment de la production d’images d’amateur par le personnel de terrain. Au cours des 70 dernières années, l’agence Magnum Photos collabore étroitement avec le CICR sur tous les continents. Les plus grands noms de la photographie ont pris des images pour la Croix-Rouge : Robert Capa, Werner Bischof, Henri Cartier-Bresson…

Les générations qui suivent contribueront de façon tout aussi remarquable au grand récit du XXe siècle. Parmi eux, citons Sebastião Salgado, James Nachtwey ou Ron Haviv. En passant des commandes à de nombreux∙ses photographes professionnel∙le∙s, la Croix-Rouge comprend que toutes les images ne se valent pas. Les images doivent exprimer les valeurs humanitaires, montrer précisément les actions et surtout représenter tous∙tes les protagonistes dans la dignité.

Les photographes informent et communiquent. Leurs images servent à témoigner.


Réévaluer

Alors même que le médium photographique a longtemps été perçu comme fiable et objectif, l’image accompagne toujours un discours. Elle est utile : elle met en relation Genève et le terrain, mais aussi les donateur∙rice∙s et les personnes affectées.

Or la lecture d’une image est toujours le résultat d’un processus instable. Notre regard et celui du∙de la photographe ne sont jamais neutres. Ils représentent un point de vue et sont influencés par une réalité sociale, politique et culturelle. Ce que l’image donne à voir n’est jamais une représentation factuelle de la vérité.

Peut-on encore affirmer aujourd’hui qu’une seule image vaut 1000 mots ?

Différent∙e∙s expert∙e∙s partagent ici leur analyse d’images qui semblent univoques, de prime abord. Leur relecture met en lumière toute la complexité des images elles-mêmes et du travail humanitaire qu’elles tentent de représenter.

Le photographe Alexis Cordesse a collecté pendant trois ans en France, en Allemagne et en Turquie, les images personnelles de femmes et d’hommes qui ont fui la Syrie.

Images de fêtes, de balades et de découvertes. Elles ont été prises en Syrie pendant les années de conflit, comme beaucoup d’autres images dans les collections de la Croix-Rouge. À une immense différence près : le point de vue et l’hors-champ ne sont pas les mêmes.


Diffuser

Au XXIe siècle, la production d’images ne cesse de croître. Le phénomène s’est même amplifié ces quinze dernières années : 3 milliards d’images s’échangeraient chaque jour sur Internet. Les archives photographiques de la Croix-Rouge s’enrichissent, tous les ans, de milliers d’images numériques aux côtés des tirages, négatifs, plaques de verre, diapositives, affiches, cartes postales et autres publications.

Alors que la photographie amateur avait été délaissée par le CICR à partir des années 1960, l’usage intensif des smartphones change la donne tout en posant de nouveaux défis. Sur le terrain complexe des opérations, prendre et diffuser une image peut mettre en danger la sécurité des travailleur·se·s humanitaires et leur mission.

Près de deux siècles après son invention, la photographie continue de produire le récit visuel de la Croix-Rouge. La période n’a même jamais été aussi féconde en termes de production et de diffusion.


Co-production

Partenaires officiels

                 

 

Partenaires scientifiques et culturels

       


Relations presse

North Communication

Laure Külling
Tel. +41 79 576 25 67
laure@north-communication.ch

Romaine Travelletti
Tel. +41 79 580 73 36
romaine@north-communication.ch

Vues de l'exposition aux Rencontres de la photographie d'Arles

LES ŒUVRES

– © Alexis Cordesse with courtesy of the author. Extrait de la série “Talashi”.
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Anonyme, Collecte annuelle, 1962. – © Collection Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
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Yōsuke Yamahata, Premiers secours prodigués à une victime de brûlures causées par la bombe atomique, Nagasaki, Japon, 1945. – © Archives CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
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Infirmières de la Croix-Rouge attendant un train de grands blessés français, Genève, Suisse, 1915. – © Archives CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
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Anonyme, Ambulance cadeau de Garibaldi à ses soldats, Tyrol, Italie, 1866. Collection Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. – © Document Archives MICR (DR)
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Anonyme, Ambulance serbe, Yougoslavie, 1876. Collection Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. – © Document Archives CICR (DR)
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Anonyme, Les 1200 collaborateurs volontaires de l’Agence des prisonniers de guerre, Musée Rath, Genève, Suisse, 1917-1918 – © CICR
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Auguste Bauernheinz, Internés français blessés de l’armée de Bourbaki, guerre franco-prussienne, Lausanne, Suisse, 1871 – Archives CICR (DR)
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Frédéric Boissonnas, Portrait de Coralie Cahen, ambulancière, première femme de la Croix-Rouge française décorée de la Légion d'honneur, 1870 – Courtesy of CICR & Ville de Genève
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Anonyme, Équipe d’ambulanciers de la Croix-Rouge, Sumatra, Indonésie, 1873 – Archives MICR (DR)
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Anonyme, Auxiliaires « juniors » de la Croix-Rouge, guerre hispano-américaine, 1898 – Archives CICR (DR)
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Anonyme, Guerre franco-prussienne, internés de l’armée de Bourbaki, Lausanne, Suisse, 1870-1871 – Archives CICR (DR)
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Anonyme, Exercices antigaz, Europe, 1933 – Archives CICR (DR)
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Anonyme, Guerre sino-japonaise, population fuyant les bombardements, Shanghai, Chine, 1937 – © CICR
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Anonyme, Service transports camions (S.T.C.), entrepôt du CICR, 1944 – © CICR
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Anonyme, Rapatriement de prisonniers de guerre égyptiens lors de la guerre civile au Yémen, sous les auspices du CICR, 1965 – © CICR
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Aimé Jolliet, Croix-Rouge au Malawi, 1970 – © CICR. Courtesy MICR
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J. M. Gourstikker, Arrivée de boat people, Malaisie, 1979 – FICR
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Alan Meier, Manifestation de femmes membres de la famille de détenus, Gaza, 2005 – © CICR
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Boris Heger, Site de distribution de nourriture, Abata, Soudan, 2006 – © CICR
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Cecilia Goin, Retrouvailles entre deux frères, après plus de vingt ans de séparation, Sinnar, Soudan, 2007 – © CICR
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Eric Quintero, Haïti, 2010, Archives – FICR
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Jonathan Pease, Philippines, 2012 – © CICR
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Kathryn Cook-Pellegrin, Niger, 2016 – © CICR
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Gabriel Ndukwe, Enfant jouant avec son animal de compagnie, Prison Waterfront, Port Harcourt, Nigeria, 2017 – © CICR
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Sana Tarabishi, Alep, Syrie, 2017 – © CICR
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Stylianos Papardelas, Grèce, 2019 – © CICR
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Charbel Barakat, Liban, 2020 – © CICR
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Affiches Un monde à guérir – © Notter + Vigne
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