Presse Who cares ? Genre et action humanitaire

Exposition en cours au Musée

Du 31 mai au 9 octobre 2022

Prendre soin – deux mots d’une confondante simplicité pour faire écho à l’humanité, le principe prépondérant de toute action humanitaire. Avec son titre au double sens assumé, la nouvelle exposition du Musée « Who cares ? » approche les questions suivantes : qui, au juste, prodigue quels soins en répondant à quels besoins. Et qui, au fond, s’en soucie ?

Résultat d’un partenariat entre le Musée et l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève, « Who cares ? » invite à considérer l’action humanitaire sous le prisme du genre et de la diversité. En portant un regard nouveau sur le vécu de celles et ceux que l’histoire a rendu.e.s invisibles, l’exposition nous amène à nous interroger sur notre perception des humanitaires et des personnes auxquelles le soin est dispensé, à travers une large sélection d’objets et de récits réunis pour la première fois. En faisant écho aux mouvements sociaux revendiquant l’égalité de genre ou dénonçant les discriminations raciales ou en raison de l’orientation sexuelle, elle cherche à inclure les actrices et les acteurs qui ont été exclu.e.s de l’histoire et de l’humanitaire.

Réhabiliter les figures oubliées de l’action humanitaire

Quelles figures incarnent l’univers du soin ? Dans l’histoire visuelle occidentale, la figure soignante a souvent été associée à des caractéristiques considérées comme féminines, telles que l’écoute, le dévouement, la sympathie, l’empathie ou la compassion. Puisant leur force dans le soulagement et la guérison, les représentations des infirmières incarnent, dès la fin du XIXe siècle, des stéréotypes du soin au chevet du soldat blessé. La figure maternelle ou angélique de la femme humanitaire convoque les traits d’un groupe souvent restreint à des femmes occidentales blanches, issues de milieux privilégiés.

Mobilisant les apports de l’histoire de la médecine et du genre, de la culture visuelle et de l’éthique du care, l’exposition souligne la présence de représentations stéréotypées qui témoignent d’une répartition figée des rôles. Ce regard, qui oppose l’action et le leadership au soin et à la compassion, limite l’accès aux réalités vécues et ne parvient pas à rendre compte de la complexité du travail des humanitaires.

Who cares ? propose des clés de lecture pour comprendre à quel point l’histoire de l’action humanitaire s’est construite à travers le regard masculin. L’histoire peut servir d’outil citoyen pour construire une société plus inclusive, et donc plus démocratique, comme l’affirment les chercheuses Dolores Martín Moruno, Brenda Lynn Edgar et Marie Leyder de l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève :

« Who cares ? vise à relire l’histoire de l’action humanitaire sous le prisme de l’invisibilisation dont les soignant.e.s ont fait l’objet. Qu’il s’agisse d’expériences vécues, de savoirs, de gestes techniques ou encore de rapports de pouvoir établis, ces questions ont trait à des thématiques centrales de notre société. Le genre, mais aussi l’ethnie, la classe sociale ou l’orientation sexuelle font débat, aujourd’hui plus que jamais. »

©Aline Bovard Rudaz

Cette logique de déconstruction est traduite dans la conception même de l’exposition sous la forme d’une série de constellations, comme l’expliquent Claire FitzGerald et Elisa Rusca, conservatrices du MICR :

« À travers un grand nombre de récits et d’objets, du textile aux instruments médicaux et de la photographie au film, Who cares ? construit un écosystème qui donne corps à la richesse des expériences des soignant.e.s et à la diversité des parcours humanitaires. Par la création d’un espace pluriel d’un genre nouveau, nous invitons le public à sortir des perceptions dominantes et à s’ouvrir à d’autres points de vue. »

 

© Aline Bovard Rudaz

© Aline Bovard Rudaz

Faire progresser la recherche au bénéfice d’un large public

Who cares ? bénéficie du soutien du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) en tant que projet Agora, subside visant à partager des projets de recherche avec un large public. L’exposition donne une place centrale au dialogue, au débat et à la participation du public, en offrant des espaces propices à la lecture et à la réflexion. À travers ce partenariat avec l’Université de Genève, Who cares ? accompagne le Musée dans son évolution, amorcée avant la pandémie, vers un lieu fédérateur d’échanges entre les milieux de l’humanitaire, de la culture et de la recherche, au bénéfice d’un public élargi.

Le projet permet aussi de porter un regard différent sur l’exposition permanente du Musée. Une série de questions amène les visiteur.se.s à découvrir l’Aventure humanitaire sous le prisme du genre, autant d’interrogations auxquelles Who cares ? offre des pistes de réponse. À l’écoute des mutations qui font à la fois l’actualité du Mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge, de la scène culturelle et de la vie de tous les jours, le Musée accorde une importance majeure à la diversité des voix qu’il accueille. Who cares ? fait ainsi écho à la première année thématique du Musée intitulée Genre et diversité, inaugurée en septembre 2021.

Pour Pascal Hufschmid, directeur du MICR :

« Partager de manière accessible et inclusive les recherches les plus récentes menées ici, à Genève, sur l’action humanitaire sous le prisme du genre, c’est inviter les professionnel.le.s de ce secteur et nous tous.tes à nous interroger sur l’histoire de l’humanitaire et sur ses représentations contemporaines. »

© Aline Bovard Rudaz


Textes de l’exposition

Le genre de l’humanitaire

Dès ses origines, l’humanitaire est marqué par des images représentant des hommes dirigeants, à la tête des organisations. Les femmes, quant à elles, sont célébrées en tant que figures maternelles. Fortement ancrées dans la religion chrétienne, ces images mettent en scène des vertus imaginées comme naturellement féminines : la pitié, la compassion, la dévotion et la tendresse. L’accent sur l’émotion, plutôt que sur les gestes de soins, a contribué à la construction visuelle de l’archétype de la femme humanitaire. Sa représentation stéréotypée est devenue un instrument essentiel en temps de guerre pour mobiliser des volontaires féminines dans les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que pour réunir des fonds auprès du public. Cette tradition iconographique a occulté la complexité des expériences vécues par les femmes humanitaires, ainsi que leur savoir-faire.

Abordant des questions comme Qui se soucie de soigner les autres?, Comment s’organiser pour répondre aux besoins? ou encore De quels moyens et outils disposons-nous pour soigner?, l’exposition présente un grand nombre d’objets et de récits. Elle construit un écosystème qui donne corps à la richesse des expériences des soignant.e.s et à la diversité des parcours humanitaires.

Parcours d’humanitaires

  • Sarah Monod (1836-1912)

Philanthrope protestante française, Sarah Monod participe à la mission humanitaire orchestrée par le Comité évangélique de Paris et la Société française de secours aux blessés militaires pendant la guerre franco-prussienne. Elle devient la directrice des diaconesses, tient un journal et dessine de nombreuses caricatures, qui critiquent avec ironie les rapports de genre.

  • Juliette Fournot (n.a.)

Juliette Fournot est médecin et travaille avec Médecins sans Frontières depuis 1980. Entre janvier 1983 et novembre 1988, elle est directrice de programme et cheffe de mission en Afghanistan, pendant l’intervention soviétique. Évoluant dans un milieu masculin, elle assure l’organisation de l’aide humanitaire : installation d’hôpitaux mobiles, négociations avec les Moudjahidines, gestion du personnel et logistique de la mission.

  • Salaria Kea O’Reilly (1913-1991)

L’infirmière afro-américaine Salaria Kea est la représentante d’un humanitaire partisan marqué par son activisme antiségrégationniste et antifasciste. Elle essaie de s’engager dans la Croix-Rouge américaine pour aider les victimes des inondations en Ohio, mais elle est rejetée à cause de ses origines raciales.

  • Anne-Marie Grobet (née en 1943) et Jeanne Egger (née en 1925)

Anne-Marie Grobet est photographe. Elle participe, en tant que déléguée et photographe, à différentes missions du Comité international de la Croix-Rouge et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugié.e.s entre 1974 et 1990. Elle travaille notamment aux côtés de Jeanne Egger qui devient, en 1962, la première femme à exercer les fonctions de déléguée du CICR. Ensemble, puis en compagnie d’anciens délégués du CICR, elles créent la Fondation Dignité en Détention (DiDé) en 1992.

  • Claire Bertschinger (née en 1953)

Anglo-suisse, Claire Bertschinger participe en tant qu’infirmière à l’Opération Drake entre 1978 et 1980, une mission scientifique pour les jeunes. Elle rejoint le Comité international de la Croix-Rouge de 1983 à 1992. À travers ses nombreuses missions, Bertschinger développe des connaissances approfondies du terrain, notamment de la guerre et de la famine. Elle reçoit la médaille Florence-Nightingale en 1991 et un un titre honorifique britannique (Dame of the British Empire) en 2010.

  • Mairi Chisholm (1896-1981) et Elsie Knocker (1884-1978)

Infirmières et ambulancières anglaises, Mairi Chisholm et Elsie Knocker sont actives en Belgique pendant la Première Guerre mondiale sur le front de l’Yser. Elles y constatent que de nombreux soldats blessés meurent lors des transports vers les centres de soins. Elles décident alors de gérer leur propre ambulance et aménagent le poste médical du British First Aid Post sur la ligne de front dans le village de Pervyse.

  • Maria Skłodowska-Curie (1867-1934)

Les découvertes scientifiques de Marie Skłodowska-Curie ont permis des avancées technologiques majeures en médecine de guerre, à partir de 1916, par la création d’ampoules de radon pour l’aseptisation des blessures de guerre. Elle est la première femme à recevoir le prix Nobel et la seule à en avoir reçu deux. Elle participe au développement des services de radiologie mobile dès le début de la Première Guerre mondiale.

  • Irène Curie (1897-1956)

Irène Curie, détentrice du prix Nobel de chimie (1935), est l’une des premières infirmières formées en radiologie pendant la guerre. Elle a tout juste 17 ans lorsqu’elle rejoint sa mère, Maria Skłodowska-Curie, dans la flotte des ambulances radiologiques de la Croix-Rouge française. Ces véhicules permettent de réaliser des radiographies préopératoires plus près du front, améliorant de manière décisive les soins apportés aux soldats.

  • Pia Klemp (née en 1983)

Pia Klemp est une activiste de l’écologie et des droits humains. Elle mène plusieurs opérations de sauvetage en Méditerranée à la tête des navires Iuventa, Sea-Watch 3 et Louise Michel entre 2015 et 2020. En tant que capitaine, elle sauve de la noyade des centaines de migrant.e.s, ce qui lui vaut des poursuites judiciaires dans un contexte de forte politisation de l’aide humanitaire.

  • Elena Arizmendi Mejía (1884-1949)

Elena Arizmendi Mejía était étudiante à l’école de sciences infirmières de l’Hôpital Santa Rosa à San Antonio au Texas lors de l’éclatement de la révolution mexicaine en 1910. La Croix-Rouge mexicaine se refusant à porter secours aux combattant.e.s des forces révolutionnaires, Arizmendi Mejía suspend ses études en 1911 pour fonder la Cruz Blanca Neutral (la Croix-Blanche neutre) à Mexico en accord avec les Conventions de Genève.

  • Eedah (n.a.)

En 2019, Dania Mousa, journaliste, effectue un reportage dans le camp d’Azraq en Jordanie pour le compte du Conseil danois pour les réfugié.e.s. On y rencontre Eedah, réfugiée de la guerre civile syrienne, veuve et mère de quatre enfants. Elle gère un salon de coiffure et d’esthétique de fortune dans ce camp, apportant aux interné.e.s la possibilité de retrouver un bien-être corporel et des moments de détente.

  • Florence Nightingale (1820 – 1910)

L’infirmière britannique Florence Nightingale joue un rôle clef dans l’iconographie humanitaire en tant que fondatrice des soins infirmiers. Durant la guerre de Crimée (1853-1856), elle travaille à l’Hôpital Scutari situé – à l’époque – dans la banlieue de Constantinople. Pour effectuer ses rondes de nuit auprès des soldats blessés, elle s’éclaire à l’aide d’une lampe. Suivant le modèle de Nightingale, les femmes humanitaires sont souvent représentées comme des rédemptrices de la douleur du monde.

  • María Gómez Álvarez (1914-1975)

La chirurgienne María Gómez Álvarez soigne des républicain.e.s durant la guerre civile espagnole. En 1944, elle rejoint l’Hôpital Varsovie à Toulouse. Gómez assiste les réfugié.e.s espagnol.e.s jusqu’à son licenciement en 1950, qui est probablement dû aux conflits idéologiques avec le parti communiste ou à sa maternité.


Pour en savoir plus

Pour en savoir plus sur Florence Nightingale, écoutez la chercheuse Dolores Martín Moruno de l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève :

 

Pour apprendre sur Friedel Bonhy-Reiter, infirmière de la Croix-Rouge, écoutez l’audio de Brenda Lynn Edgar, chercheuse à l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève :

©Aline Bovard Rudaz

Pour en connaître plus sur deux des albums de photographies, présentés dans l’exposition, écoutez la chercheuse Marie Leyder de l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève :


Communiqué de presse

FR Communiqué de presse : Word | PDF

EN Press release: Word | PDF

DE Medienmitteilung: Word | PDF


COMMISSARIAT

Pour l’Université de Genève : Brenda Lynn Edgar, Marie Leyder et Dolores Martín Moruno.

Pour le Musée : Claire FitzGerald et Elisa Rusca avec le concours de Pascal Hufschmid.


Partenaires du projet de recherche

The Elizabeth Wilson Collection, The Humanitarian Archive, University of Manchester Library

AHRC Project : https://colonialandtransnationalintimacies.com

John Rylands Research Library, University of Manchester


Projet de communication scientifique fns agora

« Beyond Compassion: Gender and Humanitarian Action » est un projet de communication scientifique FNS Agora dirigé par Dolores Martín Moruno.

Dans une période marquée à la fois par des crises sanitaires et par une résistance croissante face aux inégalités, aux injustices et aux exclusions, l’action humanitaire et le rôle des femmes sont plus que jamais au cœur des questions de société. Ce projet invite un public élargi à examiner l’histoire de l’action humanitaire à la lumière des questions de genre, au travers d’un dialogue entre chercheur.se.s, acteur.rice.s de l’humanitaire et de la culture activistes et citoyen.ne.s engagé.e.s. Son ambition est de construire ensemble, en s’informant des leçons d’une histoire encore peu connue, une voie vers l’action humanitaire du présent et du futur.

Beyond Compassion s’inscrit dans le prolongement du projet FNS Professeurs boursiers (2017-2021). Ces femmes qui ont fait l’humanitaire : une histoire genrée de la compassion de la guerre franco-prussienne à la Seconde Guerre mondiale, ainsi que du projet FNS L’humanitaire vécu : Genre, expériences et savoirs (1853-1945).

iEH2 – Institut Éthique Histoire Humanités – iEH2 – Institut Éthique Histoire Humanités – UNIGE


Scénographie

Raphaèle Gygi : Raphaèle Gygi | Scénographe (raphaelegygi.com)


Identité visuelle

Flavia Cocchi : Accueil – Atelier Cocchi Switzerland Atelier Cocchi Switzerland.


L’EXPOSITION EN CHIFFRES

  • plus de 5 ans de recherche
  • Plus de 200 objets
  • Une vingtaine de prêteurs institutionnels privés
  • Une vingtaine d’études de cas académiques portés par les recherches de notre partenaire UNIGE
  • Un travail important de recherche et de mise en valeur des Collections du Musée

Prêteurs institutionnels


Co-production

Partenaires officiels

     


Relations presse |
Media contact

North Communication

Laure Külling
Tel. +41 79 576 25 67
laure@north-communication.ch

Vues de l'exposition "Who cares? Genre et action humanitaire" et objets exposés

– © Aline Bovard Rudaz
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– Anonyme, Bottines faisant partie d’un uniforme d’infirmière de la Croix-Rouge japonaise, Japon, 1940-1950. Dépôt CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève. © Zoé Aubry
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– Anonyme, Janet Ndoti pendant sa formation à l'hôpital King George V de Nairobi. L'une de ses tâches consiste à stériliser les instruments dans le bloc opératoire, Kenya, 1952. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Anonyme, Hôpital à bord d’un bateau à vapeur, Croix-Rouge, Italie, 1914-1918. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Samina Sattar, Service de transfusion sanguine, Pakistan, 1987. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Anonyme, Brancard, Europe, première moitié du 20e siècle. Dépôt CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève. © Zoé Aubry
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– Anonyme, Croissant-Rouge algérien, Algérie, vers 1960. Dépôt CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Anonyme, « Rejoignez la Croix-Rouge japonaise », Tokyo, 1958. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Anonyme, Hôpital territorial de la Croix-Rouge “Vittorio Emanuele III”, Turin, Italie, 31 mai 1916. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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– Anonyme, Trousse de premier secours pour infirmière, Japon, 1940-1950. Dépôt CICR. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève. © Zoé Aubry
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– Anonyme, Unité de santé mobile, France, 1914-1918. Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève.
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