Actualités «Je souhaiterais que le monde soit guéri.»

Alors que la deuxième vague nous frappe de plein fouet, Pascal Hufschmid se souvient d’un message clef.

Du haut de ses huit ans, Gracia a certainement bien réfléchi avant d’écrire sa carte postale. Il avait un message important à faire passer et s’en est donné les moyens : l’écriture est soignée, les mots sont pesés et les défis du conditionnel et du subjonctif, pleinement relevés.

Je me souviens quand j’ai lu son message pour la première fois. C’était il y a exactement un an. Nous venions d’inviter 1000 élèves âgés de 8 à 14 ans à rédiger un message personnel au dos d’une carte postale du Musée pour partager une idée, un souhait ou une crainte sur l’état du monde avec les 2500 participants à la 33e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Nous recevions les premières cartes postales – des centaines, en tout– et nous nous préparions à les glisser dans les sacs de bienvenue des conférenciers du monde entier.

En découvrant la phrase de Gracia, je me suis arrêté net. Impossible de ne pas succomber à la force de son évidence et d’en admirer toute l’authenticité. En sept petits mots, Gracia semble avoir tout dit. Cette phrase nous a tous portés durant la Conférence internationale de décembre et bien au-delà. Je l’ai gardée dans un coin de ma tête puis les événements se sont enchaînés avec l’arrivée de la nouvelle année : de nombreux nouveaux projets, plusieurs conférences, une mission d’observation à Kigali… puis, d’un coup, le début de la pandémie, le premier confinement, mille et un défis relevés et maintenant, un deuxième confinement.

Je n’avais plus pensé à la phrase de Gracia depuis longtemps jusqu’à ce que hier après-midi, le Conseil d’Etat annonce de nouvelles mesures pour freiner l’évolution de l’épidémie à Genève, dont la fermeture des musées. Comme nous tous, j’apprends la nouvelle alors que je suis en famille à la maison. Quelques heures plus tard, me voilà en train de planifier, dans l’urgence, cette nouvelle étape. Je prends une pause, regarde distraitement mon fil Twitter et tombe sur un tweet de Mamadou Sow, chef de délégation du CICR en Afrique du Sud:

je souheterais que le monde soit guéri

“Je souheterais que le monde soit guéri”

“I wish the world would be healed”, a child writes after visiting the #redcross museum in December 2019. The things children see when they look at the world, when they look into the future! Prophetic.

Il cite la phrase de Gracia, près d’un an après la Conférence internationale ! Rédigée en décembre 2019, il serait tentant de lui prêter une valeur prophétique mais Gracia ne pensait certainement pas à une pandémie en l’écrivant. Les conflits ou les catastrophes naturelles en tout genre avaient probablement nourri ses discussions en classe et sa propre réflexion. Mais peu importe : sa phrase dit tout de 2020, en effet.

Nous aussi, nous souhaiterions tous que le monde soit guéri. Voilà plus de huit mois que les difficultés et l’incertitude font partie de notre quotidien. Au moment où cette deuxième vague nous frappe de plein fouet, je reste confiant que nous trouverons tous le moyen de nous relever. Le musée doit maintenant fermer ses portes mais il reste à vos côtés, solidaire et bienveillant. Rendez-vous en ligne !

Prenez soin de vous et des autres.

Pascal

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