Blog Le mot des collaborateurs

Pascal

Le Musée suit de près l’évolution de la situation en lien avec le coronavirus. Nous vous parlons de son impact et de l’importance de la solidarité entre acteurs culturels

Chers amis,

Je suis rentré ce matin de Kigali. J’ai eu la chance d’y accompagner Yves Daccord, directeur général du Comité international de la Croix-Rouge, et d’y découvrir le travail quotidien d’une délégation du CICR. J’y ai aussi rencontré de nombreux experts rwandais et internationaux de différents secteurs d’activité, dont la culture et le patrimoine. Je les remercie sincèrement de leur chaleureux accueil, du temps qu’ils m’ont consacré et de nos discussions passionnantes. J’ai beaucoup appris. Je rentre grandi de ce séjour, humble et plein d’idées de projets et de synergies entre le Rwanda et notre musée.

J’y reviendrai, car quelques heures après mon retour, c’est d’un autre sujet dont j’aimerais vous parler. En réactivant mon téléphone à la sortie de l’avion, j’ai pris connaissance des dernières nouvelles en lien avec l’épidémie de Coronavirus. Elle nous concerne tous, à Kigali comme à Genève, tout secteur d’activité confondu. Bien sûr, je pense d’abord aux personnes dont la santé est atteinte, à tout le travail mené par les professionnels du secteur de la santé et aux nombreux volontaires de la Croix-Rouge, partout dans le monde, qui s’engagent.

Pour nous au musée, l’épidémie a un impact important sur notre fréquentation. De nombreux groupes sont contraints d’annuler leurs réservations et le nombre de visites individuelles ou en famille ont diminué. Pour la santé de nos visiteurs et de notre personnel, nous nous conformons strictement aux mesures prises par les autorités publiques et restons en contact continu avec elles pour nous adapter à toute évolution de la situation.

De nombreux collègues de secteur culturel, en Suisse et dans le monde, doivent gérer des situations similaires, voire plus compliquées encore. A Genève, nous étions désolés d’apprendre l’annulation, tout à fait raisonnable, du Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) dont nous sommes tous très fiers. Cinémas, théâtres, musées, festivals, salles de spectacle : nous sommes tous directement concernés et j’ai une pensée particulière pour mes confrères et amis en Italie.

La tempête Coronavirus passera un jour et d’ici là, nous devrons naviguer avec précaution. Autant que possible, je fais le choix d’y voir deux opportunités. D’une part, cette pandémie nous pousse à repenser notre activité. Je suis convaincu qu’un musée n’est pas qu’un lieu dans lequel on se rend. Il s’agit surtout d’un point de vue sur du contenu et d’un outil au service de la communauté. Soyons agiles et innovants dans nos manières de faire rayonner nos contenus et de servir nos communautés pendant cette période d’incertitude. D’autre part, nous pouvons, acteurs culturels, saisir ce moment pour être solidaires, pour nous soutenir les uns les autres, autant que possible. Justement, l’annulation du FIFDH à Genève nous a tous mobilisés. Festivals et institutions culturelles, dont notre musée, n’ont pas hésité à accompagner Isabelle Gattiker et son équipe dans leurs efforts de proposer une version 2.0 de leur programme en l’espace de 48 heures. Il s’agit d’un bel exemple de solidarité et il ne tient qu’à nous de garder cette posture.

Enfin, si l’impact du Coronavirus est maintenant au cœur de nos conversations dans le secteur culturel, il y a quelques semaines, nos collègues australiens subissaient l’impact des feux de forêts. Mes contacts à Canberra me racontaient comment leurs musées comptaient soudainement parmi les seuls espaces urbains où l’air était respirable. Nous assistons peut-être à la mise en place d’un nouveau paradigme. Ces grands bouleversements, qu’ils soient liés à l’environnement ou à la santé publique, pousseront le secteur culturel non seulement à innover mais aussi à pleinement assumer un rôle dont je suis personnellement convaincu : celui de tisseur de lien social, d’agent bienveillant qui offre des outils pour comprendre les défis auxquels nous faisons face.

Ensemble.

Bien à vous,

Pascal

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